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36, quai des orfèvres

pimousse

Jeudi 18/12/2014
Duel psychologique entre deux monstres sacrés

36, Quai des orfèvres est le retour pour le cinéma au vrai polar sombre, où la frontière séparant l'institution de la zone hors-la loi est parfois ténue. OLivier Marchal ancien flic et réalisateur s'inspire de la guerre des services dans les années 80 qui secoua le 36 quai des Orfèvres siège de la Police (lors de la recherche du gang des Postiches) pour poser son scénario. La particularité du film est de faire opposer deux brigades par le biais de l'affrontement de deux capitaines de police, Auteuil (BRI) contre Depardieu (BRB). Au lieu de collaborer étroitement pour pincer un gang de braqueur de transport de fond en région parisienne, les deux unités de police vont chercher à prendre de vitesse l'autre pour tirer la gloire à leur service de la prise du gang! Servi par deux monstres sacrés, un Daniel Auteuil usé par son métier mais flic de terrain, fidèle aux principes de la République mais qui voit son champ d'opération se restreindre à cause de la frilosité des préfet, du pouvoir judiciaire et des politiques préférant soigner leur carrière plutôt que d'avoir des résultats même sanglants sur le domaine de la lutte anti-criminalité. De l'autre Gérard Depardieu, ancien ami d'Auteuil, usé par l'alcool et les désillusions , qui voit sa carrière stagner alors qu'il entend de la bouche de sa propre femme "Tu ne seras jamais le super grand flic que tu rêvais"! Entre les deux hommes, il y a le chef du 36 Quai incarné avec brio et subtile par André Dussollier carriériste intègre qui sent le vent politique changé et qui va devoir sacrifié des choses ou des amitié pour finir sa carrière en beauté. Le film est rondement mené, alternant les huis-clos psychologiques où ces monstres sacrés sont ravagés par un métier qui les ruine mentalement. Les connivences avec les indics, les soirées dans les bars pour les investigations sont le quotidien qui blindent le film dans une réalité de terrain et donne une vraie légitimité au film. Les rôles secondaires sont bien dessinés et on apprécie de retrouver une Mylène Demongeot en reine maquerelle d'une formidable sincérité dans son jeu et qui semble assumer à l'écran le fait qu'elle ne soit plus la belle blonde pulpeuse dans Fantômas des années 60. Moscato avec un petit bouc de l'époque fait une figuration un peu pâlotte mais depuis il se rattrape bien sur les ondes du Moscato Show! En revanche mention spéciale pour les répliques du film. Ainsi le spectateur voit fleurir quelques bons mots tels que "Il s'est fait refroidir au fond de la mercos, il avait le pantalon baissé et devait se faire flûter avant de se faire fumer!" ou "L'institution est une vieille dame qui a ses habitudes et qui refuse...de se faire prendre en levrette comme...tu l'as fait" Marchal même s'il appuie là où cela fait mal en évoquant les guerre de service dans la police, les ripoux, ne peut s'affranchir totalement de l'institution où il a tant servi et certaines scènes montrent avec maladresse ses fêlures personnelles. La scène de la décoration de la légion d'honneur à titre posthume devant le préfet (cf même scène filmé dans un épisode du Commissaire Moulin avec autant de maladresse). Une musique un peu larmoyant pas toujours bien utilisée notamment dans les derniers moments ne viennent pas ternir un film qui tient la route
 
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